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mercredi, 03 mai 2006

1er MAI ET PRÉCARITÉ

Les manifestations de la Fête du Travail ont repris le thème de la précarité. C'est l'occasion de lire un texte rédigé par un adhérent de la F.R.P.
POUR QUE LA PRECARITE NE SOIT PAS UNE FATALITE

La controverse sur le fameux CPE est en partie menée autour de la question de la précarité. Ce mot est utilisé comme une sorte d’insulte politique ou comme une antre infernale où le gouvernement veut enfoncer la société. Mais est-il juste de se focaliser sur la précarité ?


Selon Wikipédia : « La précarité professionnelle peut se définir comme une incertitude importante quant à son avenir professionnel. C'est une notion fortement subjective et relative, puisqu'elle est définie par rapport à ce qu'on peut considérer comme la "norme" ».
En conséquence, la précarité tient davantage du sentiment social que chaque être tient sur la place qu’il a dans son environnement sociétal : c’est la relation qu’on entretient avec son emploi (ou avec l’alternance d’emplois). Un nouveau contrat de travail aiguise-t-il la précarité ? Répondre par l’affirmative, c’est amalgamer une question de législation du travail et une réalité sociale qui en est souvent indépendante.
Le CPE devait devenir une nouvelle sorte de contrat de travail ; il faut d’emblée souligner qu’il n’en annulait aucun et donc qu’il s’additionnait aux nombreux autres (il en existe déjà 11 dans le secteur du BTP ! ). En tant que contrat, il scellait une alliance dans un cadre légal : on est donc loin de l’embauche de journalier au bon vouloir du patron ! Le salaire était assuré, ainsi que les divers avantages liés à l’emploi (sécurité sociale, retraite…).
MAIS… l’employeur n’avait pas à formuler la raison du licenciement (dans la période d’essai de deux ans ! ). Sonnez la charge ! Haro sur l’ultra-libéral ! C’était l’occasion rêvée pour la gauche de mettre en alerte les « forces sociales » contre l’intensification de la précarité puisque tous les droits étaient donnés aux patrons ! Et de voir sur les banderoles toutes fraîches le P de CPE devenir synonyme de Précarité ! La droite (à proprement parler l’UMP, car l’UDF se place sur la ligne politique de la gauche) n’a pas su réagir à cette attaque : la gauche a choisi le terrain, la droite était désarmée !
Qu’en est-il réellement ? La précarité est malheureusement installée en France. Elle est sensible chez les jeunes arrivant sur le marché du travail et les quinquas. Il est donc difficile de l’imputer intégralement à un développement effréné du libéralisme, chose peu courante dans notre pays !
Revenons à la définition de départ : le sentiment de précarité s’évalue suivant la norme. Et cette norme, en France, c’est le CDI. Il s’est installé dans ce rôle de pierre de touche durant les Trente Glorieuses. Généraliser cette norme à tous les salariés, c’est l’idéal illusoire qui fait le fond de commerce de la gauche (qui, elle, a su créer un statut de l’extrême précarité : les emplois-jeunes ! ).
Néanmoins, la droite n’a pas su éteindre, ne serait-ce qu’un peu, le sentiment de précarité. C’est parce que le seul remède qui transforme la précarité en une simple alternance d’emploi sans crainte surdimensionnée en l’avenir, c’est la croissance ! Une dynamique efficace pour assurer une possibilité d’emploi à tous, sans créer des surplus d’emplois protégés. S’attaquer au contrat de travail n’aura là que peu d’effet profond.
La France attendait une forte politique sur ce front : elle mérite quelqu’un qui s’y attache ! Elle n’a eu pour l’instant qu’une guerre idéologique sans rapport au réel et sans répercussion sur l’emploi et la façon dont les Français l’envisagent !

Philippe FRANCESCHETTI

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