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vendredi, 15 septembre 2006

LA JUSTICE AUX ORDRES:UNE TRADITION

medium_juge1.jpgLa gauche se déchaîne contre la nomination, annoncée en conseil des ministres, de Laurent LE MESLE comme procureur général de Paris, l'un des postes judiciaires les plus importants. Les capacités du nouveau procureur ne sont pas en cause. Mais il a un passé très politique: conseiller du Président CHIRAC pour la justice, puis directeur de cabinet du ministre de la Justice. De là, découlent des accusations de désignation peu impartiale, pour permettre à CHIRAC, à la fin de son mandat, de ne pas être inquiété pour diverses affaires judiciaires où il est impliqué. Mais la gauche n'est pas indemne de telles pratiques. MITTERRAND a lui aussi nommé des amis aux hauts postes de la Justice.
Le régime électif donnant le pouvoir aux partis, il est dans la logique de ceux-ci de contrôler les tribunaux pour affermir leur pouvoir.
Charles MAURRAS l'avait bien dénoncé, comme le montre la citation suivante.


"Un gouvernement électif n'est pas un gouvernement ordinaire. C'est un gouvernement qui est soumis à une loi de création et de recréation incessante. Il n'existe jamais par ses propres ressources, il ne tient pas sur ses propres forces, il doit toujours compter avec un certain état d'esprit de l'opinion, favorable ou défavorable, dont son existence dépend. Je le redis: son existence! (...)
L'inquiétude électorale fait le stimulant et le nerf de cette vaste politique d'empiétement. Comment s'arrêterait-elle au seuil de la justice, quand il dépend de la justice de faire ou de défaire l'honorabilité extérieure des gens, d'élever les fortunes, de les consacrer ou de les détruire? Il n'y a pas de plus grande influence sur l'opinion. (...)
Un gouvernement électif, un gouvernement d'opinion, peut-il être en conflit sérieux avec ses juges? En d'autres termes, un pouvoir renouvelable, qui tient toute son investiture périodique du renouvellement de la confiance de l'opinion, peut-il consentir à être jugé, c'est-à-dire, à l'occasion, tué raide, par une poignée de bonshommes habillés de peau de lapin? Non, ce n'est pas possible. Cela n'est pas et ne sera pas. Un Roi dont le principe est ailleurs que dans l'opinion et dans
l'élection peut accepter tranquillement un conflit de ce genre. Il faut que les choses aient été poussées bien loin pour qu'un arrêt de justice aboutisse à des séditions et à des révoltes dangereuses pour lui. L'élu n'a pas les mêmes garanties de stabilité ni les mêmes assurances dans l'avenir: il doit s'exposer aux risques de la mort civile la plus
complète ou prendre ses sûretés du côté de la Jugerie. Naturellement il les prend, il les a prises et les prendra, de plus en plus fortes; au fur et il. mesure qu'il comprendra mieux le danger, la Jugerie sera plus étroitement asservie à la centralisation de l'Etat. Autant dire que la pire forme de l'organisation judiciaire ne pourra manquer de durer et de se développer avec le régime électif qui constitue la démocratie: la Justice sera donc améliorée du jour où l'Etat cessera
d'être électif. C'est ce qu'il fallait démontrer." (Action française, 7 avril 1914.) 
        

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