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vendredi, 13 octobre 2006

PAS D'ÉGALITÉ POUR LES "INDIGÈNES"

La grosse machinerie mise en place pour la sortie sur les écrans du film "Indigènes" a de quoi inquiéter: est-ce une nouvelle opération de repentance?
Et il est vrai que des esprits superficiels pourraient être honteux de croire, d'après ce film, que la France a rejeté les troupes coloniales qui ont permis à la France de faire partie des pays vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale. Mais la dureté de la discipline et de la hiérarchie était la même pour l'ensemble des unités de l'époque, quelle que soit leur structure ethnique.
medium_tirailleur_1_.2.JPGCe film de guerre de moyenne facture montre bien que, tout en s'engageant pour des motifs très variés, ces Nord-Africains considèrent alors la France comme leur patrie et sont même parfois enthousiastes pour la libérer. Ils acceptent les dangers et les privations mais ne supportent pas l'injustice (repas et permissions inégaux avec les Européens). Les sous-officiers et officiers, qui vivent et parfois meurent près d'eux, les traitent avec une considération que ne connaissent pas les bureaucrates des services de la censure ou de la haute administration. Les grands principes de 1789, et notamment l'égalité, ne valaient pas pour tous les habitants des territoires français. Leurs pensions furent même gelées à partir de 1959 par des gouvernements qui proclament que "les hommes sont libres et égaux en droits". Les contradictions du régime républicain ont montré leur nocivité dans les colonies. Quoi d'étonnant à ce que des anciens combattants maghrébins, déçus dans leurs espoirs de reconnaissance et de promotion, se soient retournés contre la France, confondue avec un système politique incohérent?
Deux réserves:
1 - "Indigênes" montre des goumiers et tirailleurs d'une grande moralité. Il faut se rappeler que toute armée en campagne a toujours pillé et violé. Les Italiens des régions où ces hommes sont passés en ont gardé un souvenir horrifié (voir le film "La Ciociara", d'après le livre de Moravia).
2 - Dommage de ne pas voir dans ce film les soldats pieds-noirs qui ont payé un lourd tribut à cette guerre. Ils sont représentés par un sergent qui comprend bien ses hommes et dont l'attitude s'explique quand on apprend qu'il a du sang arabe, ce qui confine au racisme pro-arabe.

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