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dimanche, 22 octobre 2006

L’HISTOIRE INSTRUMENT D’UN NOUVEAU TOTALITARISME

Les députés aiment l’Histoire, à un tel point qu’ils veulent imposer leur vision des choses à chacun.
Jeudi 12 octobre, l’Assemblée Nationale a voté une proposition de loi prévoyant de punir la négation du génocide arménien.
Le massacre des Arméniens par les Turcs en 1915 est une réalité historique incontestable, déjà reconnue par le Parlement en 2001. Mais le nouveau texte prévoit des sanctions qui empêchent toute recherche historique dans ce domaine. Ce texte liberticide a été voté par des députés de tous les partis tandis que le gouvernement a laissé faire. Mais Dominique de VILLEPIN a, après le vote, estimé que ce n’était “pas une bonne chose que de légiférer sur les questions d’histoire et de mémoire”. De son côté, Jacques CHIRAC a téléphoné au premier ministre turc pour exprimer ses regrets sur ce vote.
Le premier ministre et le président de la République n’ont-ils donc pas les moyens de se faire obéir par leur majorité et surtout d’assurer à la politique de la nation un minimum de cohérence ?

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Ne serait-ce pas plutôt une sorte de double jeu ? Double jeu car on fait ainsi croire aux Français hostiles à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne que l’on a ajouté un obstacle à cette adhésion. Double jeu car les parlementaires espèrent surtout satisfaire les Français d’origine arménienne qui représentent une force électorale, surtout à Marseille et Lyon.
En dehors de ces médiocres calculs, ce vote est surtout inquiétant car il montre que les hommes politiques cherchent de plus en plus à imposer une « morale » historique à leur façon.
Et puis, au fond, de quoi la France se mêle-t-elle ? Nous avons généreusement accueilli les arméniens lorsqu’ils ont du fuir en même temps le malheur et leur pays. Ils sont devenus depuis de bons citoyens français. Ils ont travaillé. Européens et chrétiens, ils se sont assez facilement intégrés à la communauté nationale. Mais en quoi avons-nous à prendre position sur des évènements qui se sont produits il y a presque un siècle, hors de notre territoire et touchant à des populations qui à l’époque ne faisaient nullement partie de la communauté française ? Où allons-nous si nous devons prendre en charge la totalité des conflits et des malheurs qu’ont pu subir, sans limite dans l’espace et dans le temps, des citoyens devenus français à des époques où ils ne l’étaient pas encore ? Si l’on voulait déchaîner d’interminables et inutiles conflits, on ne s’y prendrait pas autrement.
La loi Gayssot sur le racisme et l’antisémitisme ainsi que la loi Taubira sur la traite et l’esclavage existent déjà. Avec le texte voté le 12, s’il devient bien une loi, les chercheurs et les historiens seront encore plus encadrés et surveillés. En fait, comme l’écrit l’historien Pierre NORA, “la France est en train de s’engager dans une succession de lois qui figent le passé, au profit d’une vérité officielle, une attitude propre aux pays totalitaires”.
Un système politique qui crée et attise de telles tensions, une telle dictature d’un politiquement et historiquement corrects de plus en plus étendus, de plus en plus tatillons, de plus en plus contraignants, à l’évidence, ne sert pas la France. C’est pourquoi nous proposons de sortir de ce système et d’imaginer des formes de Pouvoir qui pacifient, unissent, stabilisent la vie politique, au moins au sommet de l’Etat, plutôt que d’en faire un champ clos de conflits permanents. Pour nous, ce Pouvoir en France devrait être un Etat royal. Notre tâche est d’expliquer pourquoi et comment.

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