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lundi, 06 novembre 2006

"THE QUEEN"

Dans la médiocrité ambiante, le cinéma peut encore réserver de bonnes surprises.
 
« The Queen » est de celles-là : outre la beauté des landes écossaises (qui donne l’envie du voyage), des demeures royales et de leur cérémonial, ce film intéresse ceux qui s’interrogent sur la valeur des systèmes politique et doutent - semble-t-il pour d’assez bonnes raisons – de la qualité du nôtre.
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Ce n’est pas qu’il y ait un régime politique parfait : « The Queen » décrit un épisode – l’arrivée au pouvoir de Tony BLAIR et la mort de Diana – où la monarchie britannique ne brille pas particulièrement et où – de surcroît – l’équipe du nouveau premier ministre la conteste ouvertement.
 
Le film raconte une double histoire : celle – pour la première fois – d’une rupture entre le peuple anglais et sa souveraine – et celle de la relation entre la reine et son nouveau premier ministre.
 


Sur la qualité de la fonction royale, sur le drame intérieur qui étreint Elisabeth II lorsqu’elle se sent coupée de son peuple, et sur sa capacité à surmonter cette épreuve, sur l’intensité et la délicatesse des sentiments qui lient le peuple anglais et sa souveraine, jusque dans l’incompréhension d’un moment, sur le rapport – de plus en plus étroit, sans que jamais les distances ne s’abolissent – entre la reine et son premier ministre, « The Queen » met en scène tout un monde, tout un univers de valeurs politiques si éloignés des nôtres, si différents des pratiques françaises, qu’ils ne peuvent manquer de faire réfléchir …
 
Il ne s’agit sûrement pas de verser, comme en d’autres temps, dans l’anglomanie : le film montre bien que ce système n’est pas parfait et, d’autre part, qu’il est trop typiquement britannique pour servir de modèle, au cas où l’on imaginerait – par erreur – que les systèmes politiques sont transposables.
 
Mais si l’on considère à quoi en est réduite, chez nous, la fonction présidentielle, quelle est la nature – chaotique et marquée du sceau du soupçon – de son lien avec le peuple français, quelle est la qualité du rapport entre le chef de l’Etat et son premier ministre, alors, l’on se dit qu’il n’est pas vraiment illégitime de rêver d’autre chose et qu’en tout cas, il ne serait pas très difficile de faire mieux.
 
Les qualités propres aux institutions britanniques tiennent, à l’évidence, à de très anciennes traditions tout à fait spécifiques. Mais elles ont aussi, sans-doute, quelque chose à voir avec une certaine « essence » de la monarchie car on les retrouve réunies, sous d’autre formes, dans les diverses monarchies européennes d’aujourd’hui : Espagne, Belgique, Hollande, pays scandinaves. Dans une certaine mesure, les monarchies régnantes y rendent la démocratie possible et viable. Elles lui impriment une qualité, une cohérence, une unité, qui, chez nous, font défaut.
 
Aux plus déterminés des adversaires de l’hérédité, aux plus sceptiques sur l’institution monarchique, est-il permis – après avoir vu « The Queen – de poser ces simples questions ? Oui, est-il permis, au moins, d’en débattre, à l’heure des très graves problèmes de notre pays, ou bien, chez nous, malgré ses évidentes contre-performances, le « système politique français » est-il un tabou éternel ?

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