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dimanche, 12 novembre 2006

L'ÉGLISE BOUGE EN PROVENCE

On ne reconnaît plus le clergé provençal. Il est en train de faire sensation en disant tout haut des vérités que l'on n'entendait plus.
Le diocèse de Toulon-Fréjus vient d'être l'objet d'articles de journaux et de reportages télévisés le 9 novembre à la suite des déclarations de Pierre-Olivier ARDUIN, responsable de la commission diocésaine "bioéthique et vie humaine", annonçant que le diocèse ne participera pas au prochain téléthon. Il dénonce "les dons qui financent parfois des laboratoires pratiquant le tri sélectif d'embryons, au mépris des règles élémentaires d'éthique et alors que le travail sur des cellules souches adultes est tout à fait possible". Il rompt ainsi avec l'unanimisme compassionnel qu’il est de bon ton d'afficher, car, dit P-O ARDUIN, "le droit fondamental et primordial à la vie de l'enfant embryonnaire dès sa conception est intangible".


L'évêque, Mgr Dominique REY, vient de préciser, au micro de RCF Méditerranée, qu'il n'a pas donné de consigne de non-participation mais qu'il désire que les dons soient affectés selon les principes éthiques chrétiens car "il ne faut pas faire de la science n'importe comment". Il conclut : "nous n'abdiquerons jamais les principes qui sont les nôtres".
"La Provence" du 11 novembre annonce que l'opposition au téléthon a été reprise dans le diocèse du Vaucluse par le Père Emmanuel BERGER, curé d'Apt, dans son bulletin paroissial.
De son côté, Mgr Jean-Pierre CATTENOZ, archevêque d'Avignon, a publié le 29 juin dernier, dans son diocèse, une "charte de l'enseignement catholique", promulguée à titre d'expérience pour trois ans. Il y fait l'état des lieux de notre société: "modernité fluide, inconsistante, impalpable", "impression d'impuissance sur les événements", "consumérisme débridé et absurde", medium_cattenoz.jpg"cataphobie", sécularisation, relativisme, montée de l'islam. Il constate que, dans les établissements catholiques d'enseignement, "la proposition de la Foi est pour le moins insuffisante, pour ne pas dire absente". Il précise, dans l'entretien accordé à "France Catholique" (numéro du 11 novembre): "A force de défendre des valeurs humanitaristes, on est en train de s'éloigner de la foi catholique". Pour lui, c'est Jésus, et non l'enfant, qui doit être mis au centre de l'école.
Dans le même hebdomadaire, Gérard LECLERC situe cette initiative dans un cadre plus général: "l'intervention de Mgr Jean-Pierre CATTENOZ (...) ne doit pas être comprise comme une action de franc-tireur qui isolerait son auteur de l'ensemble de l'épiscopat et de l'Eglise de France" car "ce qui est certain, c'est que l'indifférence et l'abandon à la fatalité ne sont désormais plus de saison".
Dans ces deux domaines (bioéthique et éducation), les deux autorités épiscopales disent ouvertement quelles sont les vérités auxquelles l'Eglise adhère, même si ces déclarations remettent en question le conformisme de la pensée unique et politiquement correcte (ou du sentimentalisme correct). Quitte à déplaire à certains, il est bon et nécessaire d'affirmer ses convictions. Et cette attitude, tous les Français se doivent de l'appliquer, non seulement sur le plan religieux, mais aussi social, culturel et politique.

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