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dimanche, 28 janvier 2007

LE DUC DE VENDÔME ET L'ÉTAT DE LA FRANCE

Dans un dossier sur les royalistes paru le 19 janvier, l’hebdomadaire “Valeurs Actuelles” a publié un entretien avec le Prince JEAN qui donne son point de vue sur la France de 2007.

Entretien. "C'est la France qu'il faut servir"

Né en 1965, Jean d'Orléans, duc de Vendôme, est le fils du prince Henri d'Orléans, comte de Paris et descendant direct de Louis-Philippe, roi des Français. II a travaillé dans le domaine du conseil en management, puis dans le secteur bancaire, et s'apprête à créer son entre prise. medium_tribune.jpg

Quel jugement portez-vous sur l'état de Ia France ?
Je trouve le débat politique assez pauvre. Tous les candidats à la présidentielle sont dans le circuit partisan depuis de nombreuses années.


Ils ont du mal à prendre de la hauteur. Ils font des propositions mais sans vrai projet pour la France. Ils prétendent tout régler dans le moindre détail: l'activité des entreprises, la vie des familles, la façon d'éduquer les enfants ... II devient alors très difficile de prendre une initiative sans qu'on vous oblige à rentrer dans le rang. Tout est corseté politiquement, intellectuellement, juridiquement.

L'État étouffe les initiatives ?
Cette “frénésie" ne fait pas une politique. Quelle ambition ont-ils pour notre pays? Quelle place veut-on que la France tienne dans le monde ? C'est à ces questions qu'il leur faudrait répondre. Mais comment le pourraient-ils ? Ils sont sans cesse soumis à la pression des lobbies qui exigent la satisfaction d'intérêts particuliers dans les plus brefs délais, au détriment du bien commun. Tout est traité dans l'urgence, sans qu'on sache sur quels principes se fonde l' action publique. Et un gouvernement a besoin de temps pour conduire sa politique.

Ce n'est plus le cas?
Non, les institutions n'offrent plus la durée nécessaire à la poursuite d'une ambition nationale. Dès lors, comment relever les défis de la mondialisation ? Quand on sait ce que supportent nos entreprises : les charges, les 35 heures, une législation tatillonne ... Nous pensons être les meilleurs du monde, peut-être, mais le monde bouge ... et parfois sans nous ! L'Inde, par exemple, possède un système éducatif qui nous rattrape, voire nous dépasse.

Vous avez voyagé à l'étranger ?
Je connais bien les États-Unis, l'Amérique latine, le pourtour méditerranéen. Je découvre le Proche-Orient. J'aimerais aller au Japon. II faut lire la presse étrangère pour comprendre que la France ne conservera pas son rang si ses dirigeants n'ont pas d'ambition pour elle. Le rô1e d'un politique, c' est de faire le lien entre le génie d'un pays et les défis qu'il doit affronter.

Qu'est-ce que la France, pour vous ?
Ce qui la symbolise le mieux à mes yeux, c'est la cathédrale de Chartres. Parce qu'elle plonge ses fondations dans la terre et que sa flèche monte au ciel “dans le seul élan qui sache un peu monter”, a écrit Charles Peguy. Pour moi, c'est ça, l'image de la France. Celui qui n'a pas marché dans ses chemins, ni couru ses forêts, celui qui n'a pas bu son vin, ni mangé ses fromages, celui-là ne connaît pas notre pays !

Connaître ses racines pour préparer l'avenir ?
Pour moi, il faut penser global et agir local. Les Français, ont un génie propre ! Nous sommes à la pointe de la recherche sur l’énergie nucléaire, par exemple. Je me suis rendu l’été dernier à Cadarache, qui doit accueillir Iter: le monde entier est venu s'y installer!

Vous voyagez beaucoup en France?
Je fais plusieurs déplacements par an, depuis dix ans, et aussi dans le cadre de mon association Gens de France. J’essaie de mettre en lumière des initiatives locales ou nationales, à travers la presse qui m' accompagne. Je rencontre les Français pour partager leurs passions. Comme eux, par exemple, je m'intéresse beaucoup à la culture. Je suis d'ailleurs en train de créer mon entreprise pour promouvoir notre patrimoine français,.

Quelle est la mission du "prince chrétien" que vous êtes ?
Servir son pays. Je crois qu'il n'y a rien de plus important que le respect de l'homme, depuis sa conception jusqu'à à la fin de sa vie. Mais servir la France, c'est aussi veiller à sa prospérité. Si certains choisissent de la quitter, n'est-ce pas qu'il y a un problème ? Je m'intéresse aussi beaucoup à l' éducation et à la recherche: ce sont les sources de notre avenir. Enfin, je suis attentif aux questions locales, comme aux problèmes internationaux : je suis très attaché à la francophonie. J'entends dire qu'il faut sauver la République. Mais la République n'est qu'un moment de la France. C'est la France qu'il faut défendre, car c'est à la France que les Français sont attachés.

Propos recueillis par FABRICE MADOUAS

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