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jeudi, 01 novembre 2007

Béatifications en Espagne, sottises en France

« La Provence » de lundi 29 octobre, sous le thème « polémique », titre, « Les plaies du franquisme ravivées en Espagne », à propos de la béatification de 498 religieux victimes de la guerre d’Espagne. Paule COURNET commence l’article par la phrase « La dictature franquiste et ses fantômes n’ont donc pas fini de hanter nos consciences ».


En agissant ainsi, le quotidien provençal ne se démarque pas de la « cataphobie » généralisée des médias français. Le blog de Patrice de PLUNKETT en fournit quelques exemples puisés dans « Le Monde », « Libération », « Le Figaro », France-Info et Yahoo Actu. Tous démontrent à la fois leur ignorance et leur haine envers la religion catholique. Pour eux, Benoît XVI veut démontrer qu’il regrette le temps de l’alliance du dictateur et du goupillon.


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Mais l’Eglise est bien dans son rôle en célébrant les prêtres, religieux, religieuses et laïcs morts « en raison de leur foi », et non pas pour avoir soutenu le soulèvement nationaliste du 18 juillet 1936. L’historien de gauche Bartolomé BENNASSAR
rappelle, dans son livre « La Guerre d’Espagne et ses lendemains » (Perrin) que, dès mai 1931, une centaine d’églises avaient été détruites sans que le gouvernement républicain réagisse. Il note aussi qu’entre les élections de février 1936 et le soulèvement, « une quinzaine de prêtres furent assassinés, beaucoup d’autres molestés, plusieurs églises mises à sac et nombre de cérémonies religieuses interdites ».
A la fin de la guerre civile, plus de 10.000 clercs auront été massacrés. Comme sous la Révolution française, il y avait une volonté évidente de détruire toute trace religieuse.
La cérémonie de la place Saint Pierre ne s’est pas limitée à une simple commémoration car l’Eglise voit plus loin. Le journaliste de « La Croix » l’admet quand même :
« Dans son homélie, le cardinal Saraiva Martins s’est appuyé sur « l’exemple des martyrs » pour rappeler qu’aujourd’hui « la sainteté ne consiste pas dans la réaffirmation de valeurs communes à tous, mais dans l’adhésion personnelle au Christ ».
Dans un message qui ne concernait pas seulement l’Espagne, il a rejeté un « christianisme vécu tièdement ». À une époque où les chrétiens sont « menacés dans leur vérité », a lancé le cardinal portugais, soit ils sont « martyrs » en adhérant à la foi du baptême « de façon cohérente » et contribuent à « modeler la société », soit ils « s’adaptent ».

896e6d289861fd765d6e4aa72531bbb1.jpgPar ailleurs, les médias français ont omis de citer les propos du ministre espagnol des affaires étrangères, Miguel Ángel Moratinos, qui a souligné « le caractère noble et réconciliateur » de la béatification de ces martyrs et qui a rappelé les paroles de Jean-Paul II « Il n’y a pas de paix sans justice, il n’y a pas de justice sans pardon »
En plus de ce ministre, la délégation officielle était dirigée par le député socialiste Juan Andrès Torres Mora y Esposa, artisan de la « loi de mémoire historique » (votée le 31 octobre), et également descendant d’un martyr célébré ce jour-là.
Cette loi condamne officiellement, et pour la première fois, le régime du général Franco, et prévoit le retrait de tous ses symboles. Le texte déclare illégitime les condamnations contre les opposants à la dictature et contraint les administrations locales à financer l'exhumation des fosses communes.
La loi prévoit également une indemnisation symbolique de toutes les victimes de la guerre, y compris les membres du clergé exécutés par des républicains.
La réalité espagnole est donc bien plus complexe que ne le présentent les journalistes parisiens ou marseillais. Patrice de PLUNKETT en tire comme conclusion :
C’est donc un démenti cinglant infligé à toute la presse parisienne, gauche et droite confondues, et à tous ceux qui ont surinterprété cette affaire dans un sens politique (de gauche ou de droite). On n’a pas le droit de mélanger la mémoire des drames d’hier avec les controverses sur les nouvelles lois d’aujourd’hui !
Nous pourrions ajouter que, malgré la pesanteur du passé, la présence de JUAN CARLOS, qualifié de «infatigable roi combattant » par la journaliste Irina de CHIKOFF, évite à l’Espagne de nouveaux déchirements.
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Un exemple de la fureur anti-religieuse: Sur la colline dite "el cerro de los Ángeles", sur la route de Madrid à Tolède se trouvait le couvent et sanctuaire dédié au Sacré Coeur. Les miliciens des syndicats et partis de la gauche, les premiers jours de la guerre vont le fusiller; une vraie démonstration de haine à Dieu et à son Église. Puis ils le font exploser à la dynamite.

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