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lundi, 03 mars 2008

Nicolas Ier, monarque électif ou logique démocratique ?

La revue républicaine Marianne a lancé un appel républicain contre la monarchie élective sarkozienne. Des grands barons de la politique française ont signé cet appel : Dominique de Villepin, François Bayrou et Ségolène Royal.
Une tradition républicaine bien ancrée est de dénoncer une monarchisation de la République. Quand la République marche bien, c’est grâce à ses valeurs; quand elle déraille, c’est forcément à cause d’une dérive monarchique. Pourtant, il faut bien rappeler que les deux républiques qui ont plus tenu furent la IIIème faite pour le comte de Chambord, et la Vème faite à partir des critiques de Maurras et plus ou moins voulue pour le Comte de Paris qui aurait pu succéder à de Gaulle.
Centralisation de l’administration gouvernementale à l’Elysée, omnipotent sur tous les dossiers et surtout sur toutes les émotions du moment, surmédiatisation de sa personne, font dire que nous sommes en monarchie élective. Mais n’est-ce pas plutôt l’ultime symptôme de la démocratie ?


LE ROI ARBITRE

Dans la monarchie traditionnelle, le roi était avant tout un arbitre d’où émanait la justice.
Il arbitrait aussi dans son conseil : «Ne vous laissez pas gouverner; soyez le maître. Ecoutez, consultez votre conseil, mais décidez: Dieu, qui vous a fait roi, vous donnera les lumières qui vous sont nécessaires tant que vous aurez de bonnes intentions.» (Louis XIV à son petit-fils Philippe V d’Espagne).
Louis XIV, grand monarque représentant de «la monarchie absolue», ne décidait pas des projets et des réformes: ce fut le rôle de ses ministres. Selon les dires de Saint-Simon, durant tout son long règne, Louis XIV outrepassa seulement 5 fois la majorité de son conseil.
Ainsi, le roi arbitrait entre les diverses fractions politiques et tranchait.
Il ne s’occupait que des grandes lignes et des grandes affaires, laissant ses ministres, hommes de confiance, gérer les petites affaires.
Nicolas Sarkozy n’est pas du tout un arbitre. Outre le fait qu’il eut été élu par une partie de l’électorat français, il reste toujours le chef du parti de l’UMP : «Nicolas Sarkozy doit rester le leader naturel de l’UMP». Cela est fort loin de l’article V de notre constitution disant que le président de la république doit assurer l’arbitrage, et encore moins à notre antique tradition monarchique.
Le fait que le président s’occupe de tout et centralise toutes les affaires dans son cabinet, n’est-ce pas un signe de son peu de confiance à ses ministres, plus nommés pour «l’ouverture politique et de couleur» que pour leurs compétences? Nous sommes loin des Richelieu, Mazarin et Colbert.

LE SARKOZYSME, ULTIME STADE DE LA DÉMOCRATIE ÉTATISTE ET MÉDIATIQUE.

Les rois de France n’avaient entre leurs mains que le pouvoir régalien, laissant aux différentes communautés le soin de s’occuper de leurs affaires. Le roi était le «protecteur des républiques».
Depuis la révolution française, l’Etat démocratique a accru ses compétences dans le domaine éducatif, sanitaire, économique, social, culturel … L’Etat est omnipotent. Comme le fit remarquer le duc de Guise dans les années 30 : «tout le monde s’occupe de l’Etat et l’Etat s’occupe de tout».
Nicolas Sarkozy n’est pas un mauvais monarque, mais un bon démocrate. Il est le continuateur des présidents de la Vème. Pensant qu’ils ont été élus par le suffrage universel, ils doivent ainsi s’occuper de la vie des Français. Ainsi, «la monarchisation» de la fonction présidentielle n’est qu’une conséquence logique de la démocratie. Nicolas Sarkozy, élu par tous, doit s’occuper de tout. Rajoutons qu’un président dépendant des médias doit faire le plus possible pour que nous parlions de lui. Ainsi, il est donc obligé d’être présent médiatiquement et, pour cela, il propose des réformes dans tous les sujets : média, action mémorielle…. Même le très républicain Jean-François Khan avoue que même nos rois absolus Louis XV et Louis XVI n’auraient pas pu intervenir et imposer leurs volontés dans le programme scolaire.
Oui, la légitimité d’un roi impose au roi de se contenter d’un minimum de pouvoir nécessaire au bon fonctionnement du pouvoir. Un président doutant de sa légitimité doit concentrer un maximum de pouvoir pour plaire et se légitimer. Mais un pouvoir qui, se renforçant trop, s’affaiblit.

Sarkozy, en étant trop présent (chef de clan voulant plaire aux Français en étant bof et en ayant un langage vulgaire et insultant: «pauvre con»), est l’antithèse de nos rois. Nous sommes loin du lavage des pieds des pauvres de Saint-Louis à Pâques. Saint Louis faisait de l’humilité en lavant les pauvres, Sarkozy fait de la vulgarité. Saint Louis fut l’exemple pour tous ses prédécesseurs, je doute qu’il en sera ainsi pour Sarkozy.

Il est le digne représentant de la bassesse démocratique qui oblige l’élite à s’aplatir pour se rendre populaire. Mais le peuple a besoin d’idéal et de transcendance. Pas d’un chef d’Etat médiocre.

(notée publiée sur le blog partisan-blanc)



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