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dimanche, 20 avril 2008

Quand Sarkozy demande de la discipline, le PS l'emporte à Marseille

L'élection du socialiste Eugène CASELLI à la présidence de la CUMPM (Communauté urbaine de Marseille Provence Métropole), qui regroupe Marseille et dix-sept communes voisines, a été un véritable coup de théâtre. Le poste avait été promis par Jean-Claude GAUDIN à Renaud MUSELIER, désigné comme dauphin du maire de Marseille depuis plusieurs années. La droite disposait en principe d'une bonne majorité avec 89 voix contre 68 à la gauche. Or, le vote a donné 79 à CASELLI et 77 à MUSELIER, et un bulletin blanc. Douze conseillers communautaires ont donc voté pour le camp adverse. Mais peut-on vraiment parler de "camp" et "d'adversaires"?


Les "traîtres" sont des représentants de petites villes qui se sont estimées lésées au profit de Marseille dans l'attribution des crédits lors de la mandature précédente et qui ont élu des maires de droite contre les candidats officiellement estampillés UPM (à Marignane, Plan-de-Cuques et Cassis). Peut-être ont-ils été attirés par des promesses d'aide financière venant du Conseil général, fief PS.
Quelles que soient les futures péripéties, cette affaire permet de faire quelques observations.
D'abord, la communauté urbaine est une fédération et non pas un bloc servant aux ambitions des politiciens d'une seule ville. Le jacobinisme parisien traditionnel ne doit pas être copié à d'autres échelons.
1078410049.jpgRenaud MUSELIER a tort de dire que "des élus de droite ont trahi leur électorat" et Jean-Claude GAUDIN de déclarer que cette élection "ne respecte pas le vote majoritaire des électeurs aux élections municipales". Mais les électeurs n'ont pas été trahis car ils ont élu leurs conseillers municipaux. On ne leur a pas demandé leur avis sur la CUMPM. On ne leur a pas non plus dit que les attributions de la communauté urbaine sont très importantes (propreté, transports urbains, habitat social, développement économique...). A quoi servent vraiment les élections municipales? Ne sont-elles pas des faux-semblants, tout comme l'élection présidentielle française par rapport au pouvoir de l'Union européenne?
Enfin, il est intéressant de noter que ce cafouillage a eu lieu jeudi 17 avril, le lendemain d'un vigoureux rappel à l'ordre de Nicolas SARKOZY à l'égard de ses ministres qui ont multiplié les "couacs". Le Président de la République ne peut pas arriver à établir la discipline dans le gouvernement et dans le parti dont il est toujours officiellement le chef. Ce Président, élu grâce à des discours de droite, peut-il être respecté quand lui-même trahit chaque jour ses électeurs?
Pas de doute: pour dépasser ces magouilles, le pays a bien besoin d'un Roi.

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