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samedi, 03 mai 2008

Gouguenheim, l'Orient et les Capétiens

299733401.jpgMassilia Graecorum, association culturelle marseillaise, n'est en rien un groupe politique. Mais elle permet d'apporter une contribution marseillaise à la polémique suscitée par les réactions intransigeantes d'universitaires islamogauchistes à la publication du livre de Sylvain GOUGUENHEIM: "Aristote au Mont-Saint-Michel: Les racines grecques de l'Europe chrétienne".


NOS RACINES
Exposons les origines de ce hourvari. Ce professeur d'histoire médiévale à l'ENS de Lyon a commis le péché d'aller à l'encontre de la pensée dominante. La présentation écrite en quatrième de couverture explique fort bien l'idée de l'ouvrage:
"On considère généralement que l'Occident a découvert le savoir grec au Moyen Âge, grâce aux traductions arabes. Sylvain Gouguenheim bat en brèche une telle idée en montrant que l'Europe a toujours maintenu ses contacts avec le monde grec. Le Mont-Saint-Michel, notamment, constitue le centre d'un actif travail de traduction des textes d'Aristote en particulier, dès le XIIe siècle. 1493106887.jpgOn découvre dans le même temps que, de l'autre côté de la Méditerranée, l'hellénisation du monde islamique, plus limitée que ce que l'on croit, fut surtout le fait des Arabes chrétiens. Même le domaine de la philosophie islamique (Avicenne, Averroès) resta en partie étranger à l'esprit grec. Ainsi, il apparaît que l'hellénisation de l'Europe chrétienne fut avant tout le fruit de la volonté des Européens eux-mêmes. Si le terme de "racines" a un sens pour les civilisations, les racines du monde européen sont donc grecques, celles du monde islamique ne le sont pas."
Pour une fois, "Le Monde" en avait publié un compte-rendu assez équilibré et même "Libération", quoique de manière plus embarrassée.

UN LIVRE À BRÛLER?
Mais, depuis quelques jours, les protestations se sont multipliées de la part d'universitaires tenants de la pensée historiquement et politiquement correcte avec articles déchaînés dans les organes de la presse de ce lobby et les habituelles pétitions. L'enjeu est de taille car reconnaître que la culture occidentale doit beaucoup à la pensée musulmane, comme un CHIRAC l'avait accepté sans barguigner en 2003 ainsi que le rappelle Ivan RIOUFOL, entraîne à reconnaître la supériorité du monde islamique et à s'incliner devant les immigrés venant de ces pays.
Pourtant, les éléments apportés par GOUGUENHEIM ne sont pas tous nouveaux. Le même thème avait été traité par Coloman VIOLA en 1967.

UNE CONFÉRENCE MARSEILLAISE
Le 21 février 2008, Maître Gaston GASPARRI, président de Massilia Graecorum, accueillait Pascal BOULHOL, 905362872.JPGprofesseur à l'Université de Provence, qui intervenait sur le thème: "La science de la langue grecque à l'abbaye de St Denis (IX°-XV° siècles)". A priori, sujet plutôt rébarbatif, mais soirée très agréable grâce au talent (et à l'humour) du conférencier qui utilisa des éléments de son nouvel ouvrage (qui paraît en ce moment en librairie et peut être commandé sur Amazon et à la FNAC): "La connaissance de la langue grecque dans la France médiévale (VIème-XVème siècle)".
Il montra que l'étude de la langue grecque fut continuelle durant tout le Moyen Age dans ce lieu devenu, depuis la mort de DAGOBERT, le lieu de sépulture des rois de France. Ce sanctuaire était dédié à St Denis, identifié à St Denys l'Aéropagite qui aurait été converti par saint PAUL après sa prédication à Athènes. Il était important de montrer que l'évêque de Paris et l'Athénien étaient une seule et même personne. Le lieu devenait ainsi aussi prestigieux et plus ancien que Rome même, puisque issu de saint Paul et non de saint Pierre. Des spécialistes furent donc toujours présents dans l'abbaye depuis au moins le VIII° siècle pour copier et traduire les manuscrits grecs. Les abbés firent une véritable chasse aux manuscrits sollicitant les souverains occidentaux et byzantins pour obtenir de nouveaux documents. Ce fut le cas, au milieu du XII° siècle, de GUILLAUME de GAP qui, avant de diriger St Denis, ramena lui-même des manuscrits de Grèce.

LES CAPÉTIENS ET LES GRECS
1926385706.jpgDans la discussion qui suivit, Michel FRANCESCHETTI, ancien président de la Fédération Royaliste Provençale, rappela que Saint Denis abritait aussi les "regalia", les instruments du sacre. Les Capétiens avaient intérêt à s'appuyer sur une abbaye qui revendiquait une grande ancienneté, eux qui s'opposaient à ce que le pape ait une quelconque autorité sur le roi de France.
L'étude du grec leur était donc nécessaire. Pascal BOULHOL en convint tandis que Me GASPARRI ajouta un autre lien entre Capétiens et Grecs: la légende de FRANCION, prince troyen rescapé de la chute de sa cité et qui serait devenu roi des Francs en Germanie, légende évoquée dans "La naissance de la nation France" de Colette BEAUNE.

PARLER OU ÊTRE ÉCRASÉ?
Les éléments scientifiques existent pour contrer les inventions islamogauchistes. Il est important de les utiliser et ne pas laisser toujours les mêmes imposer leurs vérités officielles. La liste est longue des victimes de cette dictature de l'esprit.

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