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13.06.2008
VOUS AVEZ DIT CIVILISATION ?
L'éditorial du numéro de juin de "POLITIQUE MAGAZINE" fait le bilan de l'année Sarkozy. Il reconnaît que des réformes ont été mises en place, malgré les oppositions de toute sorte. Mais le sens de celles-ci n'est pas clair et même contradictoire. La vraie rupture n'est pas encore là et elle doit s'appuyer sur la restauration de l'identité nationale.
L’élection présidentielle dont on a fêté l'anniversaire, s'est jouée sur la rupture. Les idées reçues, les situations établies devaient être bousculées. Enfin la France devait être restaurée dans son image, dans sa cohésion, dans son identité. C'est sur ces thèmes majeurs que Nicolas Sarkozy a gagné. Il avait regroupé une droite décidée à en découdre et à sortir du discours émollient de la bien-pensance officielle.
Qu'en est-il aujourd'hui ?
Après un an passé à l'Elysée, la défiance semble ronger toutes les actions du chef de l'Etat et du gouvernement.
DES RÉFORMES ONT EU LIEU
Pourtant il serait injuste (et ce serait un déni de réalité) de ne pas voir que le gouvernement a mené beaucoup de réformes, presque trop à la fois, en l' espace de quelques mois. Cette stratégie de réformes tous azimuts a dérangé d'un coup trop d'habitudes. Le choc en retour était inévitable. Il fallait le prévoir. Il fallait donner le moins prise à la critique sur d'autres questions, celle du comportement personnel d'abord, celle de la nature même de notre constitution ensuite.
Mais qu'il s'agisse de la Justice, de l'Université, de l'Education nationale, des Relations sociales ou de la révision générale des politiques publiques, il n'est pas douteux qu'une volonté de réformes s'est imposée en brisant de nombreux tabous. Même si l'on juge risquées, insuffisantes ou au contraire excessives certaines d'entre elles. Le travail, l'autorité. l'identité nationale, le service public minimum, ces notions sont réapparues dans le discours officiel. Y compris une référence nouvelle au sacre et aux racines chrétiennes de la France. Qui a valu au chef de l'Etat une hostilité déclarée de presque toute la presse française dont la violence inouïe était un signe manifeste qu'il touchait là un fondement de la connivence des appareils.
Enfin, le gouvernement n'a pas cédé à la rue. Du moins pas sur l'essentiel. D'ailleurs, les réformes, dans leur ensemble, ne sont pas désapprouvées par les Français, même s'il eut été plus judicieux, pour celles qui touchent le plus à la vie locale, de les consulter. Mais, hélas, qui les représentent ?
POUR ALLER OÙ?
Au-delà des couacs inhérents à toute action humaine et qui tiennent pour l'essentiel à des institutions inadaptées et portées naturellement aux conflits, au-delà encore des difficultés considérables de la conjoncture nationale et internationale, reste une inquiétude qui vient plutôt d'un manque de clarté dans la finalité du projet que la politique actuelle est censée construire.
« On ne conduit le peuple, disait Napoléon, qu'en lui montrant son avenir ». Nicolas Sarkozy jouerait volontiers au Bonaparte, mais où va-t-il ? D'ailleurs, il ne serait pas souhaitable qu'il fit trop son Bonaparte ... Non, simplement qu'il dise d'où vient la France, pourquoi elle doit vivre et revivre, et où elle doit aller pour répondre à son avenir.
C'est, à la vérité, le plus important et c'est ce qui s'imposera demain dans les crises qui s'annoncent. Alors pourquoi, après des discours sur la fierté française recouvrée, se prononcer encore pour tant d'idées et de mesures destructrices de l’être national? Entre autres, pourquoi soutenir la loi Taubira sur l'enseignement de l'histoire de la colonisation et de l'esclavage, un modèle d'idéologie ? Pourquoi une secrétaire d'Etat à la famille, favorable, bien que catholique, à toutes les perversion modernes qui vont à l'encontre de la vie familiale ?
Quitte à être impopulaire (et seulement vis-à-vis de la presse et d'une certaine opinion manipulée), pourquoi ne pas aller vers la vraie rupture, celle qui est au fond souhaitée par une majorité de Français que nos institutions actuelles privent en quelque sorte de conscience et de représentation?
IL FAUT EN FINIR
Il faut en finir avec une époque où l'on dépensait plus que l'on ne gagnait, où l'assistanat tenait lieu de religion, où l'idée d'enseignement n'était plus acceptée par l'administration qui en avait pourtant la charge, où les échelons administratifs se superposaient comme des tranches de millefeuilles pour satisfaire un petit monde de politiciens.
Sacrifier encore une fois le budget de la Défense au moment même où nous prétendons remplir un rôle international, n'est certes pas un moyen de redonner cet esprit national qui nous fait tant défaut, même si, là aussi, la modernité et l' efficacité exigent évidemment des aménagements.
Transformer un pays en lui redonnant le sens de lui-même, c'est faire des choix de fond et qui manifestent une volonté ferme de redressement.
En un mot comme en cent, la France doit retrouver son âme. son esprit. C'est son identité nationale qui est en perdition, dans un relativisme et un individualisme de décadence. Le chef de l'Etat a parlé de civilisation. Et bien, redonnons à notre civilisation française toute sa vigueur. Elle animera le reste. Elle restructurera les villes, elle insuff1era une vie nouvelle à nos pays, redynamisera les familles et les entreprises, et donnera à tous des raisons d'espérer .
06:00 Publié dans COMBATS ET IDEES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique magazine, de crémiers, gousseau, sarkozy, réformes, taubira




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