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jeudi, 19 juin 2008

LE PLAN B A ÉCHOUÉ EN IRLANDE

La victoire du non (53,4% contre 46,6% de oui) au référendum organisé en Irlande sur le traité de Lisbonne révèle des vérités fort intéressantes. Il est possible d'en retrouver certaines dans l'éditorial d'Alain DUHAMEL parue dans "Nice-Matin" de samedi 14 juin.
Première vérité: "Il ne faut pas se raconter d'histoires, le rejet du référendum enterre définitivement le Traité de Lisbonne".

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Ce traité ne pouvait entrer en vigueur que si les vingt-sept pays de l'Union européenne le ratifiaient. Mais il n'est qu'une copie plus ou moins enveloppée du défunt projet de Constitution européenne repoussée par les électeurs français et néerlandais en 2005. SARKOZY croyait avoir trouvé le plan B, la solution de remplacement dont l'existence était murmurée lors des consultations d'il y a trois ans. Le subterfuge a fait long feu.
Depuis ce référendum, une grande partie de la classe politique se répand dans les médias pour dire qu'il ne faut pas tenir compte de ce vote, jusqu'à quasiment prétendre qu'il faut dissoudre le peuple. Nous avons ainsi la démonstration de ce qu'est vraiment la dictature démocratique.
Deuxième vérité: les technocrates bruxellois ne daignent pas s'abaisser à expliquer leur démarche aux simples électeurs. Le politologue préféré des médias reconnaît que le texte proposé aux Irlandais, "avec ses trente pages écrites en langage codé à l'usage des diplomates, était incompréhensible". Ce doit être pour cela que les parlementaires l'ont facilement accepté, parce qu'il est dans leur dialecte (ou parce qu'ils n'y ont rien compris). Alain DUHAMEL revient sur la position qu'il avait dans l'article publié dans Libération.fr où il déversait un tombereau d'injures sur les "nonistes" Irlandais.
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Troisième vérité: "Les citoyens ont choisi de répondre aux questions qu'ils se posaient et non pas à celles qui leur étaient posées.(...) Les Irlandais, gâtés par l'Europe depuis vingt ans, s'inquiètent de la crise internationale, n'ont aucune confiance en leurs dirigeants, s'opposent à la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) ou aux quotas de pêche". L'inquiétude sur la suppression de l'interdiction de l'avortement dans ce pays catholique a joué également. Les préoccupations concrètes des populations ne sont pas prises en compte par la caste européiste qui reste dans ses papiers et ses abstractions. Comme le rappelle M° TREMOLET de VILLERS: "La vraie démocratie est le régime qui organise la consultation des peuples sur les sujets de sa compétence".
Quatrième vérité: "c'est une Europe à géométrie variable qui va se développer". Cet éditorialiste, partisan depuis toujours d'une Europe fédérale, reconnaît que l'Union européenne s'est étendue trop vite et n'importe comment, ce qui nécessite des contorsions compliquées pour la faire fonctionner.
Mais peut-être serait-il intelligent de préciser l'objectif de cette Europe bruxelloise? Distribuer des subventions? Publier des oukazes dans tous les domaines, comme pour les pécheurs actuellement? Faire passer partout un rouleau compresseur qui nivelle les particularismes nationaux? Dans ce cas, non merci. Si cette Europe n'est pas respectueuse des nations, elle est intrinsèquement perverse.
Et puis quelle Europe géographique? Où sont ses limites? A-t-elle vocation à s'enfler toujours plus?
Et,enfin, sur quelles valeurs les pays européens peuvent-ils s'unir? Mgr POUPARD vient de rappeler l'importance des racines chrétiennes. Mais on a bien plutôt l'impression que l'argent est bien plus important.

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