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mercredi, 10 septembre 2008

LE DUC DE VENDÔME ET LES SOLDATS DE FRANCE

Sous le titre "Soldats de France", le bulletin de l'association Gens de France publie une déclaration du Prince JEAN, duc de VENDÔME, sur la mort des soldats français en Afghanistan et sur la politique étrangère de notre pays.



C'est avec une profonde émotion que je veux rendre hommage aux dix jeunes Français qui, au cœur de l’été, ont fait le sacrifice de leur vie sur le sol afghan. Ce n'est ici ni le temps ni le lieu de juger du bien fondé de leur envoi dans cette région du monde, moins encore des circonstances de l'embuscade dont ils ont été victimes. Ils sont morts pour la France, c'est la seule chose que je veux voir aujourd'hui.
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Prince de la Maison de France, je me sens en profonde communion avec tous ceux qui œuvrent, combattent, meurent sous notre drapeau. Je ne peux m'empêcher de penser à mon oncle François tombé au champ d'honneur en Algérie et à tous les princes de ma famille qui, à toutes les générations, ont mis leur jeunesse au service des Armes de la France.

Toutefois, plus que jamais, je ressens comme un devoir de m'interroger sur le sens de la présence française dans le monde, sur lequel la mort de ces soldats français vient jeter une lumière si crue.

Que notre pays ait, dans le monde d'aujourd'hui, des responsabilités propres impossibles à esquiver ne fait à mes yeux aucun doute. Ces responsabilités relèvent pour une part de sa longue présence dans de nombreux points du globe: en Afrique du nord, en Afrique noire, au Québec, au Proche-Orient, en Extrême-Orient, et bien sûr dans les départements et territoires d'outre-mer.

Elles relèvent également de son prestige culturel et de son image civilisatrice sans réel équivalent. Elles relèvent enfin, même si à ce titre elle est en concurrence avec un nombre croissant de pays, de la dynamique industrielle et commerciale de ses entreprises.

Dans ce qu'elle doit spécifiquement défendre et promouvoir, je placerai au premier rang la francophonie. Les membres de Gens de France savent la place que je lui accorde dans ma réflexion et dans mon action. Tous les Etats francophones et, plus largement, l'ensemble des pays qui font à un degré ou un autre usage de la langue française, regardent ce que la France fait à cet égard et aussi ce qu'elle ne fait pas.
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Tout aussi important, la France se doit de maintenir haute et forte sa diplomatie traditionnelle, qui vise à maintenir les grands équilibres internationaux pour assurer une paix durable, garantissant aux peuples du monde les conditions d'une vie digne et libre. C'est la politique de Saint Louis et d'Henri IV, celle aussi des traités de Westphalie qui apportèrent la paix au monde germanique tout en assurant la tranquillité de l'Europe jusqu'à ce que la Révolution vienne la bouleverser.

Je voudrais ici rappeler les quatre grands principes sur lesquels s'appuyaient déjà les premiers Capétiens: patience, sobriété, prudence et rigueur. La patience, c'est, dans le meilleur sens, «donner du temps au temps », ou plutôt donner sa chance au temps. La sobriété, c'est laisser l’arbre pousser tout droit pour lui permettre ensuite de mieux s'épanouir. La prudence, c'est, comme pour les offensives militaires, ne s'engager qu’à coup sûr, toutes hypothèses pesées. Enfin, et c'est le point le plus important, la rigueur doit être le souci constant de ceux qui conçoivent la politique à mener comme de ceux qui l'exécutent.

Toute politique doit être pensée, appliquée et, le moment venu, jugée, à l’aune de ces quatre critères. Je laisse chacun apprécier ce qu’il en est, à cet égard, de la politique actuelle. Je bornerai mon commentaire à ceci: ce qu’il est convenu d'appeler la mondialisation, avec son rêve d'un développement économique global et continu, cache de plus en plus difficilement les foyers d'instabilité qu'elle attise. Dans ce monde dur et dangereux, la France doit plus que jamais se donner les moyens de tenir son rang. Au premier chef - nos dix soldats tombés au champ d'honneur sont venus nous le rappeler - les Français doivent consentir à une politique de défense à la hauteur des défis qui nous sont lancés, une politique patiente, sobre, prudente et rigoureuse.


Jean de France Duc de Vendôme

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