Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 30 juillet 2008

Droite, où est ta victoire?

Pour montrer la situation intellectuelle de notre pays, il est intéressant de rapprocher la décision prise le 9 juillet par le tribunal administratif de Marseille et l'article paru dans "Le Monde" du 15 juillet intitulé: "La droite affirme qu'elle a gagné la bataille idéologique".

Le 9 juillet, Le tribunal administratif de Marseille a estimé que l'arrêté du 23 juin 2005 par lequel le maire de Marignane" autorisait l'association Adimad à occuper un emplacement du cimetière Saint-Laurent Imbert pour ériger une stèle est annulé".
Pour le tribunal, il faudra "prendre toutes les mesures nécessaires à l'enlèvement de la stèle", effectif dans un délai de quatre mois, sous astreinte de 100 € par jour de retard passé ce délai.
Cette stèle a été édifiée en 2005 à la mémoire des combattants de l'Algérie Française.

Stelemarignane.jpg


Sans remâcher les ressentiments de la guerre d'Algérie, cette décision est à méditer car, si elle est confirmée en appel, elle consacrera les erreurs de la droite.
- Erreur technique, tout d'abord: la concession aurait dû être votée par le conseil municipal et non pas décidée par le seul maire Daniel SIMONPIERI.
- Erreur tactique, ensuite. La stèle, qui porte l'inscription: AUX COMBATTANTS TOMBÉS POUR QUE VIVE L’ALGÉRIE FRANÇAISE, contient aussi les dates des exécutions des fusillés de l’OAS.
Le tribunal a pu se servir de ces dernières pour déclarer que "l’inscription des dates revêt un caractère polémique" et "fait perdre à l’hommage son caractère historique en lui donnant une dimension partisane".
Cet obstacle a été évité par la gauche qui se réunit au cimetière du Père-Lachaise, pour évoquer la Commune de 1871, devant une plaque portant simplement: "aux morts de la Commune - 21 - 28 mai 1871". Cela n'empêche pas d'y organiser des démonstrations avec drapeaux rouges et noirs.
- Surtout, erreur totale de lucidité de la droite gouvernementale. Les initiatives prônant des idées de droite sont systématiquement brimées. Rien de plus faux que l'affirmation du premier ministre qui répète, d'après "Le Monde": "Nous avons gagné la bataille idéologique".
Ainsi, Franck Debié, qui dirige la Fondation pour l'innovation politique, un "think tank" créé en marge de l'UMP, a déclaré au "Monde" :

"Si la droite française a remporté une bataille, c'est davantage celle des principes que des valeurs. Le travail, l'autorité qu'elle met en avant ne sont pas des valeurs typiquement de droite. En outre, elle s'est beaucoup imprégnée des idées de la gauche au lendemain de Mai 1968. C'est clair sur un sujet comme la famille, où elle a préféré accompagner les évolutions plutôt que de s'y opposer."


Bertrand RENOUVIN, dans le numéro d'été du bulletin "Royaliste", fait la même analyse:

"La droite française connaît un effondrement politique, moral, intellectuel, sociologique pire que toutes les défaites subies par la gauche française depuis le début des années quatre-vingt.
La question du « relativisme culturel et moral » mériterait d’être précisée. (...) Le débat sur les mères porteuses au sein du gouvernement montre que la droite sarkozyste n’a pas rompu avec le relativisme moral. Quant à la culture, les libres propos de Nicolas Sarkozy montrent chaque jour son mépris de la langue française.
Enfin, l’envolée sur les vertus indique la confusion des valeurs qui règne en haut lieu (depuis quand la réussite est-elle une vertu ?) et relève de la propagande. Qu’en est-il de la «responsabilité» d’un homme qui trahit comme jamais la fonction arbitrale pour se faire l’agent de l’oligarchie contre les salariés, les commerçants, les entrepreneurs, les retraités... dont beaucoup votent à droite ? Y a-t-il, à l’Élysée et à Matignon, le moindre « respect » pour le choix des électeurs lors du référendum de 2005 ?
La défaite idéologique de la droite ne tient pas seulement à l’échec doctrinal de l’ultra-libéralisme, ici maintes fois souligné, mais dans le mouvement de révolte qui secoue la France mais qui n’a pas encore trouvé son expression politique."


Les royalistes refusent la division entre droite et gauche artificiellement entretenue par le système républicain tout comme ils s'opposent au monopole d'idéologies néfastes à la nation française.